Comment se loger à Paris sans se ruiner ?

Des logement bas prix à Paris

Trouver un logement à Paris n’est pas une mince affaire. Cela se transforme souvent en parcours du combattant. Et encore plus si l’on ne dispose que d’un budget limité. En effet, les prix de l’immobilier locatif à Paris sont les plus élevés de France. La demande excédant largement l’offre. Néanmoins, avec un peu de débrouillardise, il reste possible de trouver un logement, à condition de ne pas ménager ses efforts.

Agences

Il existe une multitude d’agences immobilières à Paris, et un premier réflexe peut être celui de passer par l’une d’entre elles pour trouver un logement adapté à ses besoins, et surtout à son budget.

Mais les inconvénients à utiliser cette voie sont nombreux. La plupart des appartements au loyer les moins élevés proposés par les agences sont non meublés voire non équipés. Sans parler de l’esthétique qui laisse souvent un arrière-goût de squat à l’abandon. Dans l’entrée de gamme, vous devrez probablement tout acheter et installer par vous-même, y compris la cuisine. Ce qui n’est pas forcément des plus pratiques et des plus économiques si la location est relativement temporaire et qu’il y a des chances pour que vous déménagiez au bout de quelques années.

Après, ce n’est qu’une tendance. Il existe bien sûr des appartements agréables et pas trop chers dans les réseaux d’agences, mais il faut quand même se lever de bonne heure pour les dénicher, et prévoir plusieurs litres de café pour avoir le courage de parcourir leur catalogue en détail.

Un avantage qu’on oublie parfois avec les agences, qui globalement n’ont pas une excellente image pour ce qui est d’une clientèle peu fortunée, c’est que souvent la concurrence y est moins rude qu’ailleurs, sans doute grâce ou à cause des frais d’agence. D’autant que les frais d’agences sont désormais plafonnés, depuis 2014 grâce à la loi ALUR, entre 12 et 15 € par mètre carré sur Paris et sa première couronne. Sur un studio dans cette zone, vous ne paierez qu’au plus 300 € de frais, ce qui est tout à fait correct, si on compare aux tarifs qui se pratiquaient auparavant.

Aussi, passer par une agence vous donne plus de chances de tomber sur un appartement respectant le plafonnement des loyers, ce qui peut compenser les frais de l’agence en question.

Il faut avoir à l’esprit que passez par une agence ne vous dispensera nullement d’être sur place en Île-de-France. Au contraire ! Rares sont celles qui prennent la peine de planifier une visite à l’heure qui vous arrange. Ce sera à vous de vous adapter au créneau fixé par l’agence, la plupart du temps en journée et avant 18h. Et pour vous préparer psychologiquement à l’avance, les visites sont souvent communes, avec plusieurs candidats, ce qui peut parfois donner lieu à des ambiances un peu étranges durant ces visites. Tout ça pour dire que si vous habitez en province, le recours à une agence risque d’être compliqué. Et si vous êtes déjà dans les environs, mais que vous travaillez, il vous faudra poser un congé.

Autre léger détail, mais qui a son importance, concerne les conditions d’accès au logement. Celles-ci sont variables et ne dépendent pas de l’agence. Autrement dit, pour une même agence, le propriétaire d’un appartement pourra exiger d’avoir un salaire supérieur à X fois le loyer, et pour un autre appartement, l’exigence pourra être d’avoir un salaire supérieur à Y fois le loyer. Tout comme la nécessité d’avoir ou non un CDI ou d’avoir un ou plusieurs garants. D’un appartement à l’autre, tout peut être différent. Il est donc toujours plus prudent avant de visiter un appartement de demander les conditions de dossier. Cela vous évitera de nombreuses déconvenues.

En tout cas, vous l’aurez compris déjà, il est très difficile de trouver un appartement en Île-de-France pour le commun des mortels.

Les sites d’annonces

En dehors des agences, Internet est devenu l’outil numéro un pour se loger, sur Paris comme ailleurs. Les sites dédiés aux annonces immobilières sont très nombreux. La plupart permettent de rechercher des logements selon de multiples critères, dont le montant du loyer bien évidemment. Mais ils proposent aussi de nombreuses autres fonctionnalités comme des photos du logement, la liste des transports en commun aux alentours et la géolocalisation, permettant d’avoir une meilleure idée de l’environnement autour, comme la présence de commerces et le niveau de la circulation. Ainsi, vous pourrez plus facilement faire un tri et une présélection parmi des bases de données de plusieurs dizaines de milliers d’offres dans laquelle on peut trouver pèle-mêle des lofts comme des chambres de bonne.

L’autre avantage de ces sites, est la possibilité de recevoir des alertes par courrier électronique ou via une application spécifique, gratuite, à télécharger sur votre smartphone. Ceci pour être prévenu en temps réel si une annonce qui vous intéressait a trouvé preneur ou si une nouvelle annonce correspondant à vos critères vient d’être publiée.

Mais il existe des inconvénients. Ce serait un peu trop beau pour être parfait. Tout d’abord, ces sites ont du mal à être à jour. Tout simplement parce que les propriétaires ne pensent pas toujours à retirer l’annonce dès qu’un locataire a été trouvé.

Aussi, un appartement peut correspondre à de nombreux de vos critères, mais pas à tous. Il peut donc ne pas apparaître dans la sélection. Ce qui peut être dommageable. Heureusement, certains sites permettent une recherche élargie, moins stricte. Mais il faut souvent jouer avec les options ce qui ne vient pas toujours à l’esprit. Jongler de façon optimale avec les champs de saisie, les menus déroulants, et autres jauges demande une certaine pratique. N’hésitez pas à vous faire aider par un proche, car on peut être vite submergé par toutes les informations et les réglages à disposition.

Il n’y a pas non plus que les sites d’annonces immobilières sur lesquels vous pourrez faire vos recherches. Les sites généralistes de petites annonces sont aussi un bon moyen pour dénicher la perle rare. L’avantage dans ce cas, c’est l’absence d’intermédiaire, et donc de commissions plus ou moins cachées. L’inconvénient, c’est que ces sites sont encore moins bien mis à jour que les sites spécialisés dans les annonces immobilières, et la chance, ou plutôt la malchance, de tomber sur des annonces obsolètes y est très élevée.

Colocations

Mais lorsqu’on cherche vraiment à se loger à moindre prix, les sentiers battus sont rarement la meilleure solution. La première alternative consiste à partager la location à plusieurs. Lorsqu’on est étudiant ou jeune diplômé, la colocation permet d’allier un loyer modéré, un espace de vie confortable et une convivialité qui n’existe pas dans les locations traditionnelles en individuel. D’autant plus que les conditions d’accès sont en général beaucoup moins drastiques. Souvent, les colocataires déjà en place ne demandent qu’un entretien en lieu et place d’un dossier de candidature.

Le principal défi étant la bonne entente entre les colocataires. Mais il suffit souvent de bien expliquer et se faire expliquer les quelques de savoir-vivre pour que tout se passe pour le mieux. Et il est fréquent qu’une expérience en colocation débouche ensuite sur une amitié durable.

Les sites d’annonces généralistes proposent quelques annonces de colocation, mais le mieux si vous envisager de mode d’hébergement, c’est d’aller visiter les sites véritablement spécialisés dans ce domaine. Vous y trouverez les annonces les plus nombreuses, à jour, avec un moteur de recherche mieux adapté.

Aussi, il convient de rappeler qu’en colocation, vous continuerez de bénéficier des allocations logement de la CAF.

Vivre chez l’habitant

Assez proche de la colocation, la location chez l’habitant (ou le propriétaire), permet aussi de se loger à moindres frais. Dans ce cas, le propriétaire loue en principe une chambre de son logement, éventuellement d’autres pièces. Il s’agit d’une opération intéressante à la fois pour le locataire que pour le bailleur qui sera exonéré de charges sur les loyers perçus au mois, si ceux-ci ne dépassent pas le 184 € du mètre carré.

Si le propriétaire est une personne âgée, cela peut aussi être l’occasion pour lui d’avoir de la compagnie et d’obtenir des petits services en échange d’un toit pour les plus jeunes.

Les résidences universitaires

Lorsqu’on est étudiant, une éventualité à prendre en compte en priorité quand nos moyens sont limités, ce sont les résidences universitaires. Ce sont des établissements gérés par les Crous – Centre régional des œuvres universitaires et scolaires. A priori, les tarifs pratiqués sont très abordables. Une chambre de 9 m² vaut 200 € / mois à titre indicatif. Mais comme il n’y a pas assez de chambres en résidence universitaire, 150 000 logements environ pour 1,4 million d’étudiants par an, cela reste très difficile d’y avoir accès et est réservé aux étudiants aux revenus très modestes, n’ayant pas accès à d’autres logements.

Il y a bien quelques investissements privés dans le domaine du logement étudiant, mais ça reste tout de même marginal, et les logements en question sont souvent situés loin des zones universitaires. Auquel cas, il ne faut pas oublier de prendre en considération le prix du transport et le temps de déplacement.

Les Foyers de Jeunes Travailleurs

Lorsqu’on est jeune travailleur, que ce soit en stage, en apprentissage, en alternance, ayant décroché un premier emploi en CDI ou CDD, ou encore en étant à la recherche d’emploi après ses études, il existe à Paris des Foyers de Jeunes Travailleurs (FJT). Il s’agit de logements sociaux à loyer réduit, mais limité dans le temps. C’est-à-dire qu’il n’est pas possible d’y résider plus de 2 ans. En outre, il faut à minima remplir les conditions suivantes :

  • être âgé de 18 à 30 ans,

  • être célibataire ou en couple (sans enfant),

  • être salarié, stagiaire, apprenti, en formation ou en recherche d’emploi.

Si vous pensez être éligible, pour obtenir toutes les informations sur ces foyers, le mieux est de contacter la Mairie de Paris qui saura vous orienter parmi tous les organismes gestionnaires.

Logement contre service

Un autre bon plan possible, c’est l’échange de bons procédés, qui dans ce contexte se nomme « logement contre service ». Vous offrez de votre temps libre, comptez environ entre 8 heures à 14 heures par semaine, en échange d’un logement à loyer réduit. Il est parfois possible d’obtenir son logement gratuitement de la sorte, en tout cas d’un point de vue strictement financier évidemment. Les services demandés sont généralement du domaine de l’aide à la personne. Cela peut être du baby-sitting, de l’accompagnement d’enfants à l’école, des tâches ménagères, de l’assistance auprès d’une personne âgée, de la surveillance, des travaux… Bref, c’est très variable, mais dans toutes les offres, vous trouverez probablement des services demandés dans vos domaines de compétence.

Dans un tel cas, la rémunération que vous obtenez est en nature, à savoir un loyer réduit ou gratuit. De plus, cela ne dispense aucunement le propriétaire d’établir un contrat de travail. Soyez vigilant sur ce point. Enfin, le logement doit être décent, même si mis à disposition à titre gratuit. C’est valable pour toutes les pistes mentionnées dans cet article, mais il n’est pas inutile de le rappeler dans ce cas précis.

La sous-location

Il existe le cas de figure où vous êtes déjà locataire d’un lieu, qui vous convient, mais dont vous aimeriez tout de même faire baisser le loyer. La solution, c’est la sous-location. En sous-louant votre appartement à une autre personne lors de vos périodes d’absence, comme un départ en vacances ou un déplacement professionnel de longue durée, vous pourrez ainsi récupérer un peu d’argent et diminuer le coût annuel de votre logement.

Cependant, il convient de faire les choses dans les règles afin d’éviter toute mauvaise surprise. Il vous faut expressément l’accord de votre bailleur, et par écrit tant qu’à faire. Doivent être mentionnés la durée de la sous-location et le montant du sous-loyer. Ce dernier ne doit pas dépasser le montant de votre propre loyer. Avec cet accord, s’il survenait un incident pendant votre absence avec le sous-locataire, votre responsabilité sera exonérée. En l’absence de cet accord, si le propriétaire venait à apprendre que vous sous-louez le logement, il peut être en droit de remettre en cause le bail, et donc votre présence dans l’appartement. Mieux vaut éviter d’en arriver là.

Les réseaux sociaux

Pour dénicher tous les bons plans où dormir, utilisez tous les moyens à votre disposition, y compris les réseaux sociaux comme Linkedin Snapchat ou l’incontournable Facebook. Il existe de larges communautés de locataires et de personnes cherchant un logement où les tuyaux s’échangent. Lorsqu’une personne quitte son appartement, il arrive qu’elle le signale sur ces groupes. À vous d’être vigilant et réactif et d’agir rapidement, car évidemment, le premier arrivé est souvent le premier servi.

Le bouche-à-oreille

Néanmoins, si vous avez la chance d’être déjà sur place, le plus efficace semble encore le bouche-à-oreille. Soyez à l’affût de la moindre rencontre pour évoquer votre recherche de logement. Qui sait, votre interlocuteur connaît une personne qui connaît une personne… Et rien ne remplace la conversation physique pour établir la confiance.

Gare aux marchands de sommeil

Comme nous venons de le voir, il est certes très difficile de trouver un logement pas cher à Paris, mais les solutions existent, et sont autant de raison de ne pas céder aux « marchands de sommeil », bailleurs n’ayant aucun scrupule à proposer des logements insalubres. Il s’agit d’un délit puni par la loi.

La loi pourrait même se durcir à leur encontre en faisant passer ceux qui exploitent la pénurie de logements dans la catégorie des trafiquants. Si jamais vous étiez victime de telles pratiques, n’hésitez pas à contacter la Mairie de Paris, photos à l’appui.

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