Prêt immobilier : les taux au plus bas, faut-il investir ?

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Acheter un bien immobilier est l’objectif de nombreux ménages et particuliers sur le territoire français. Première résidence, projet d’investissement locatif, ou résidence secondaire : les raisons d’épargner pour de l’immobilier sont nombreuses. C’est pourquoi de nombreux acheteurs n’ont pas hésité à profiter de la situation exceptionnelle des taux de crédit immobilier pour leur projet. Est-ce réellement une bonne idée d’investir maintenant ?

L’attrait des taux de prêts immobiliers entre 0,5 et 1,3 %

La situation est unique sur le marché des crédits. Chaque mois, les chiffres continuent d’afficher des taux de prêts plus bas encore. L’Observatoire Crédit Logement ne peut que constater, cet été encore, une tendance à la baisse. Les taux, comparés sur une durée d’emprunt de 20 ans, se révèlent ainsi les plus faibles depuis le début des années 2000. Hors assurance, on estime par conséquent le taux moyen à 1,05 %. Fin d’année 2020, il affichait pourtant 1,15 %. Un chiffre déjà en baisse sur la saison estivale de l’année passée, qui estimait 1,27 %.

La folie de ces taux ne peut que donner des envies de se lancer dans son investissement immobilier. Aussi, sans surprise, cela s’accompagne d’une hausse d’accords de crédits. Les transactions immobilières atteignent même un record de 110,7 milliards d’euros sur le premier semestre 2021. Les acheteurs, en effet, voient dans ces taux bas une opportunité en or. En étalant le taux sur une longue durée, les mensualités se retrouvent ainsi bien plus accessibles chaque mois.

Pour établir leur projet d’achat, les particuliers sont ainsi nombreux à se tourner vers les conseils d’experts pour trouver les solutions de crédit immobilier adaptées à leur profil. En effet, bien que les taux soient plus intéressants, les critères pour accorder un prêt se sont légèrement restreints. De telles sortes que de nombreux ménages, si mal accompagnés dans la réflexion de leur projet et inconscients de la réalité de leur qualité d’emprunter, peuvent se voir refuser un crédit.

Apport personnel : la demande prioritaire des organismes

Cette décision de restreindre les conditions pour obtenir un prêt est, en premier lieu, une manière de protéger les emprunteurs. L’idée, en réalité, est d’empêcher des foyers de s’engager dans un crédit à trop longue durée ou trop lourd sur leur finance. Par exemple, les emprunteurs ne pourront plus voir de prêts autorisés si leur taux d’endettement dépasse les 33 %. De même, la date limite de 25 ans préconisée pour la durée d’un crédit.

Jusqu’en juillet dernier, encore, 23,5 % des crédits n’appliquaient pourtant pas ces contraintes. De fait, ce qui tenait, au départ, de recommandations va s’imposer comme une obligation. Les banques, qui plus est, n’hésitent pas à placer leurs propres restrictions à l’accord d’un prêt. Des rapports obtenus, il semble ainsi que le profil type pour un emprunteur, en cette période, soit :

  • mieux payé, avec 28,7 % de clients gagnant 5 fois le montant du SMIC en 2021, contre 25,5 % en 2019 ;
  • avec un apport personnel important, de sorte à financer au minima les frais d’agence ou de notaire ;
  • prêt à s’engager sur le long terme, soit sur plus de 20 ans, comme 55 % des dossiers de financement accepté ;
  • majoritairement plus jeune, 47,1 % des emprunteurs étant âgé de moins de 35 ans.

Les profils, bien entendu, fluctuent en fonction de la qualité du dossier, mais les spécialistes appuient sur l’importance de cet apport personnel. Seulement, avant d’envisager de passer le cap d’un investissement immobilier, il faut toutefois voir plus large.

Un marché immobilier tout de même onéreux

Plusieurs facteurs viennent déjà compliquer l’achat d’un bien. Si sa capacité d’emprunt se retrouve trop basse, si le taux d’endettement n’est pas en mesure de respecter la contrainte des 33 à 35 %, le projet se corse. Pourtant, les taux bas continuent de profiter à de nombreux ménages. Ceux, justement, ayant pu cumuler un bon apport, par exemple, ou s’étant fait accompagner par des courtiers pour trouver le meilleur crédit pour leur profil.

Toutefois, si le crédit peut être plus intéressant pour de nombreux acheteurs, cela ne signifie pas pour autant que de forts gains seront réalisés. Le marché immobilier, en effet, continue de montrer de fortes progressions. Alors que d’autres secteurs se sont écroulés pendant la crise sanitaire, l’immobilier s’en est passablement sorti. Selon les régions, le marché a même pu exploser. La cause à l’engouement pour les résidences secondaires, notamment, dans l’espoir de s’éloigner des grosses villes, plus polluées, plus contraignantes.

Aussi, certaines villes ont pu voir leur prix au mètre carré gagner en valeur, allant parfois jusqu’à afficher une hausse à deux chiffres. Vannes, par exemple, sait conquérir le cœur des acheteurs. À l’instar de l’ensemble de l’immobilier breton, particulièrement florissant. La capitale, au contraire, s’est vue souffrir de la situation immobilière, avec un nombre de locaux vides en hausse.

La demande se réduit ainsi face à l’offre. Cette dernière, pour autant, n’entame pas une baisse du prix de son mètre carré, attendant plutôt la reprise entière des activités. Par conséquent, si le crédit est plus avantageux, l’immobilier reste cher, parfois très cher selon l’endroit. Avant de s’engager dans ce projet immobilier, par conséquent, il sera plus que jamais nécessaire d’être attentif au réel bénéfice de ces taux bas.

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